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Beaucoup de villes ont misé sur la culture dans une perspective de développement économique. Le cas emblématique de Bilbao et de la Fondation Guggenheim a certainement fait rêver plus d’un maire. On pourrait citer Metz et son Centre Pompidou, Lens et son Louvre de verre et de lumière. Des projets réussis qui ont stimulé l’économie des villes qui les ont accueillis.
Menton, sous-préfecture des Alpes Maritimes, se lance à son tour dans l’aventure avec son beau musée Jean Cocteau pour accueillir la collection Séverin Wunderman, 1800 pièces dont la moitié de Cocteau. L’histoire d’amour entre la ville et le poète est ancienne puisqu’il y avait décoré en 1956 la salle des mariages à la mairie et créé au fortin un petit musée charmant.
La Ville de Menton a relevé le défi avec un grand projet architectural mené par Rudy Ricciotti, Grand Prix National d’Architecture en 2006, et installé sur un site emblématique entre la vieille ville et son marché, et la mer. Une architecture ambitieuse dont les formes à la fois plates et ondulantes offrent une réminiscence des arcades du port ancien de Menton. Une vraie réussite.
Comment ne pas faire une triste comparaison avec un épisode qui montre bien comment à Clermont-Ferrand la municipalité a souvent manqué les occasions ? Le collectionneur clermontois, Robert Thomas, avait, en effet, proposé dans les années 1970, à la Ville, sa collection d’une cinquantaine d’œuvres relevant des Fauves ou du Cubisme, Picabia, Gauguin, Vlaminck, de Staël ou Delaunay… Bien embarrassés, les brillants élus de l’époque refusèrent… au motif qu’ils ne sauraient où les mettre! Aujourd’hui ces œuvres font le bonheur du Musée d’Art Moderne de Paris…
Triste réalité d’un manque de réactivité et d’imagination qui malheureusement a toujours cours. Les élus clermontois auraient sans doute réalisé à Menton sur l’emplacement superbe du Musée Cocteau des logements sociaux avec une occupation maximale du site au motif que « le terrain est cher »… Ces élus clermontois n’ont qu’un mot à la bouche « métropole », mais encore faut-il qu’ils en aient l’ambition dans les actes. Quand on voit le bloc de béton qu’ils appellent le « Grand Carré Jaude », on voit aussi qu’ils n’ont toujours rien compris!
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