Lundi 9 juillet 2012 1 09 /07 /Juil /2012 09:11

Je ne peux dire « grand » comme nous y invite constamment monsieur l’adjoint à l‘urbanisme dont il faut bien constater que l’enthousiasme pour cette entreprise s’est un peu rafraîchi. Serait-il, lui aussi affolé, par ces masses de béton aux allures de blockhaus ? Prendrait-il enfin conscience qu’on ne peut construire au XXIe siècle sans prendre en compte l’existant ? Prendrait-il  conscience enfin qu’un nouveau bâtiment ne doit pas être construit dans une opposition totale à l’existant, mais en harmonie avec l’existant ? Toutes les villes évoluent et c‘est normal, mais pas dans l’agression… l’urbanisme est avant tout harmonie, même dans la coexistence de styles très différents, même avec une volonté de modernité et de contemporanéité. Beaucoup de métropoles y ont parfaitement réussi, Montpellier, Lyon, Strasbourg ou Lille.

Donc j’ai visité le « carré Jaude » que j’écrirai désormais avec un petit c. Cette réalisation, certes, comme l’ont très bien expliqué les responsables d’EIFFAGE, est une performance technique, que je salue bien volontiers, mais tout cela pour ça ? Des tonnes de béton injectées dans ce sous-sol incertain pour 600 parkings dont 200 privés et au-dessus ce monstrueux pâté de béton qui écrase tout.

Oui, le centre commercial semble bien traité avec de beaux matériaux…Le mystère règne toujours sur les enseignes qui s’y installeront. Seront-elles du niveau d’une « métropole » ? Oui, il y aura un hôtel Mercure 4 étoiles qui manquait à Clermont-Ferrand. Comment ne pas sourire de l’idéologie de la gauche municipale qui a la « délicatesse » ou la naïveté d’installer tout près de cet hôtel des logements sociaux pour afficher haut et fort sa volonté de « mixité sociale »qui cache, ne l’oublions jamais, surtout une volonté électorale ? Logements sociaux pris en sandwich entre l’hôtel 4 étoiles et les cinémas, quelle victoire !… Les façades sans,  ou presque, fenêtres sur l’avenue Julien renforcent l’impression de blockhaus. Des jardins, réservés à des privilégiés (sans mixité sociale ?), seront suspendus au deuxième étage côté sud vers l’étroite rue Giscard de La Tour Fondue. Mais pas un arbre, ni un espace vert à la disposition du public!

Et il n’y a  aujourd’hui que 4 étages…  encore 4 à construire ! Nous sommes montés au 4e étage d’où nous avons pu « admirer » la vue vers la cathédrale ou Chamalières et Royat… une vue que, chaque jour qui passe, le chantier vole un peu plus aux riverains. Le maire, flanqué d’un très petit nombre d’élus clermontois, comme si ce chantier n’intéressait pas grand monde parmi les soit- disant responsables de cette ville, et de sa directrice de cabinet perchée sur de hauts talons inadaptés au chantier, découvrait tout cela avec sa mine bonhomme. Réalise-t-il le mal qu’il fait à sa ville avec ces projets inadaptés ? Sans doute pas. Réalise-t-il qu’il a manqué encore une occasion de donner à sa ville une belle image, comme l’avaient ratée bêtement ses prédécesseurs avec le désastre du jardin botanique vendu ou le Centre-Jaude par exemple ?

Merci aux représentants d’EIFFAGE pour leurs explications et le temps qu’ils nous ont consacré. Ils construisent le programme qui leur a été imposé et ne sont pour rien dans cette triste réalisation qui va s’inscrire comme une verrue monstrueuse dans le paysage clermontois. Dommage !

 

 

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Par Anne Courtillé
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Commentaires

Madame,
merci pour votre article intéressant mais vous écrivez
"ils construisent le programme qui leur a été imposé et ne sont pour rien dans cette triste réalisation".
Vous vous trompez, le programme initial a été réalisé par la ville de Clermont-Fd mais le projet final a été élaboré par EIFFAGE TP (avec l'accord de la municipalité).
Vous remarquerez le projet définitif et bien moins ambitieux que les esquisses présentés à l'origine dans la revue "Demain Clermont" il y a quelques années.
Le projet a été simplifié, des chambres étudiantes prévues à l'origine ont été remplacées par des logements pour particuliers : tout cela bien évidemment par rentabilité (et cupidité) : C'est l'Entreprise qui finance en grande partie et qui reverse un loyer à la Ville : cout de la construction moins cher, loyer final toujours le même : plein les poches pour la multinational.
Je pense que vous avait été un peu abusé par le discours lors de la visite de chantier (et peu-être par votre position politique).
Commentaire n°1 posté par RENAUD le 09/07/2012 à 11h09

Merci pour ce supplément d'information. Néanmoins le permis de construire reste quand même du ressort de la Ville. Qu'Eiffage ait cherché à rentabiliser le projet, je le comprends aisément, mais que la Ville laisse construire "n'importe quoi " sur son territoire me semble quand même regrettable. La logique marchande ne peut tout excuser quand on doit au contraire chercher à embellir sa ville sur un site aussi excecptionnel. Un  mauvais erxemple à l'heure où un autre site, celui de l'hotel-Dieu est en discussion.

Réponse de Anne Courtillé le 09/07/2012 à 11h29
Oui, mais quand on est umpiste on se doit de défendre une grosse entreprise de BTP, c'est automatique.
Commentaire n°2 posté par jojo le 11/07/2012 à 16h22

Automatique, automatique? Je n'ai ni attaqué, ni défendu EIFFAGE dont le projet était tout de même soumis, je le répète, à un permis de construire délivré par la municipalté.

Réponse de Anne Courtillé le 14/07/2012 à 07h55

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