Partager l'article ! Évaluation des professeurs: J’ai vu défiler dans ma ville un maigre rassemblement de professeurs. Ils protestaient comme partout contre la ...
J’ai vu défiler dans ma ville un maigre rassemblement de professeurs. Ils protestaient comme partout contre la nouvelle manière de les évaluer. On peut s’étonner que figés dans leurs habitudes, ils regrettent le vieux système des inspecteurs dont le passage signifiait des évaluations superficielles, pas forcément objectives, trop espacées et brèves pour être pertinentes. Pourquoi les professeurs redouteraient-ils d’être notés par leurs chefs d’établissement ? N’est-ce pas le lot de beaucoup de gens d’être évalués par leur patron, leur chef de service, leur clientèle ou même leurs compagnons de bureau.
Pourquoi les professeurs échapperaient-ils à ce système ? Le chef d’établissement n’est-il pas plus proche qu’un inspecteur pour connaître de façon précise les habitudes de l’enseignant, la manière dont il fait face à ses élèves, pour connaître d’éventuelles réactions des parents, bref ses résultats tangibles? Que craignent les professeurs ? Les syndicats ne veulent pas de « patrons » et prétendent que le chef d’établissement ne peut juger des choix pédagogiques d’un enseignant dans telle ou telle discipline. Ils oublient que le Ministre a prévu qu’il soit entouré justement par des inspecteurs, précaution supplémentaire qui devrait avoir raison de leur frilosité.
A l’Université, j’ai connu les systèmes les plus divers allant de la centralisation la plus lointaine au plus proche jugement des commissions dites de spécialistes. Aucun système ne peut être totalement satisfaisant dans la mesure où l’humain est bien difficile à évaluer. Mais pourquoi toujours refuser le moindre changement alors que le système en cours n’est pas optimal ? Les syndicats ont été moins regardants quant ils ont accepté d’un ministre de gauche la suppression de la thèse d’État qui avait valu à notre pays de grands universitaires au profit d’une « habilitation » qui se réduit parfois à de la foutaise (fou-thèse). Leurs points de vue sont malheureusement trop souvent à géométrie variable, mais les sacrifiés sont les toujours les élèves ou les étudiants !
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