Dimanche 4 février 2007
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13:30
Question 1 : Ne pensez-vous pas qu’il y ait urgence pour un moratoire sur cette question d’incinérateur ?
La sagesse et la responsabilité imposent de prononcer un moratoire sur la question.
Compte tenu des informations qui sont les miennes aujourd’hui, je suis favorable à un moratoire, donc à une amélioration et révision du projet actuel auquel il convient absolument de substituer un nouveau projet de traitements des déchets dans les plus brefs délais.
C’est une question de santé et salubrité publiques et si rien n’était fait rapidement, le principe de précaution se retournerait contre les habitants de l’agglomération clermontoise.
Le principe de précaution ne doit pas paralyser les preneurs de décisions ! Si on abandonne l’incinération, on repart à zéro et on se retrouve avec les déchets…
L’actuel projet est déjà dépassé.
Surdimensionné (four unique de 170000 tonnes), il n’incite pas au tri car il ne pourra fonctionner à moins, même si apparemment le tri sélectif touchera 41% des déchets, et il joue donc à terme contre le développement durable. Il est incohérent car il faudra pour le faire tourner importer des déchets, c’est donc un cercle vicieux ; il y a trop d’incertitudes financières et on connaît mal pour cet énorme engin les précautions quant à sa maintenance et à son entretien .
Quelle gestion ? Quel coût ? Quelles surveillance et transparence ? Normes respectées comment ?
Il y a urgence pour se doter d’un outil pour traiter les déchets et on a pris un retard considérable. Et le projet ramené à zéro impliquera un nouveau retard, de nouvelles études et une nouvelle procédure et encore des euros !
Question 2 Que pensez-vous de procéder à la révision du plan départemental d’élimination des déchets par le Conseil Général ?
Le plan Vernéa a une cohérence au moins sur l’aspect localisation à proximité de la zone de production de la majorité des déchets de la zone d’action du Valtom.
La deuxième révision du plan départemental d’élimination de déchets ménagers et assimilés risque d’être effective après l’éventuelle autorisation du projet Vernéa, ce qui poserait un problème juridique.
Quels élus cependant souhaitent voir arriver les ordures chez eux ? Il y a évidemment une évolution de l’habitat avec le développement pavillonnaire dans certaines zones.
L’échelle du département pour traiter les déchets me semble raisonnable et plus sécurisant. Un pôle de traitement des déchets à l’échelle départementale est plus souhaitable que le retour à des décharges mal contrôlées où notamment il y aura une perte inévitable de produits recyclables. Les communes n’auront pas les moyens de mettre en place des décharges sécurisées sur le plan sanitaire et les risques pour la santé seront multipliés. Installer un pôle de traitement des déchets à proximité de la ville principale du département reste logique.
Question 3 Serait-il judicieux de procéder à la révision de l’actuel plan d’urbanisme afin de rendre impossible la construction d’un incinérateur de déchets dans la zone concernée ?
Avant de renoncer définitivement à Beaulieu sans doute faudrait-il d’abord chercher et trouver un autre lieu consensuellement admis. Beaulieu a le mérite d’exister mais d’autres lieux peuvent être prospectés. Ce ne sera pas forcément facile !
Question 4 Ne serait-il pas indispensable que l’on organisât un véritable débat public où chacun pourrait s’exprimer sur le devenir de nos déchets avec le souci de les réduire à la source et de les traiter auprès des lieux de production
Un vrai débat public doit effectivement être lancé avec une information objective sur les alternatives et non seulement des réunions à charge comme il en existe aujourd’hui. Tenir compte de toutes les données, de toutes les hypothèses, c’est arriver à une des meilleures solutions et c’est la seule démarche vraiment scientifique.
Pédagogie, sensibilisation et information devraient être au centre de ces débats car la peur des habitants reposent beaucoup sur une méconnaissance des problèmes.
Réduction des déchets à la source : tout doit être mis en œuvre évidemment mais il ne faut pas s’illusionner dans une société dite de consommation ; il importe cependant de susciter des prises de conscience et sans doute développer une législation plus contraignante.
Donc oui à un vrai débat démocratique pour lequel la vraie légitimité de le mener n’existera sans doute qu’au moment des prochaines échéances, les électeurs devant être d’abord respectés et non manipulés.
Je suis sans compétence en matière de traitement de déchets ; j’ai donc tenté de me constituer une information objective qui a nourri ma réflexion.
Aujourd’hui, vous l’aurez compris, ma position n’est pas favorable au projet actuel dont l’incinérateur est surdimensionné et ne s’inscrit pas vraiment dans une démarche de développement durable.
Le problème du traitement des déchets dans l’agglomération clermontoise reste cependant un problème à résoudre sinon dans l’urgence, du moins avec un horizon rapproché pour éviter des conséquences encore beaucoup plus néfastes que celles mises en avant aujourd’hui.
Tout doit être remis à plat pour accentuer au maximum le tri sélectif et la valorisation des matières et le recyclage et réduire les dangers. Je crois que les technologies actuelles contrôlées avec transparence devraient permettre d’aboutir à des solutions raisonnables et à un consensus.
La politique c’est refuser parfois mais aussi proposer…
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