Vendredi 27 février 2009
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Par Anne Courtillé
J'ai vécu, pendant ma carrière universitaire, bien des soubresauts dans une Université agitée, toujours prompte à réagir, depuis que mai 1968 avait secoué les
habitudes, et à résister aux tentatives multiples pour moderniser et mettre l’Université française dans les premiers rangs du classement mondial. Après
l’explosion de mai 1968, il était évident qu’il fallait avancer et adapter l’Université à un environnement qui ne cessait de changer, tant dans le domaine des connaissances que des perspectives
professionnelles.
Un frein redoutable pour l’avenir est l’idéologie marxiste, qui domine largement le corps enseignant depuis la deuxième guerre mondiale, et que décisions et
recrutements sont, depuis cette époque, largement inféodés aux syndicats de gauche.
J’observe, aujourd’hui, les réflexes de cette « caste » ancrée sur ses certitudes et ses intérêts, incapable d’accepter les réformes pour construire un
véritable avenir pour l’Université et surtout les étudiants.
Dans les années 1970, vils héritiers de 1968, les tenants des sciences de l’Education, des idéologues coupés des réalités, coupés des réalités, théorisaient des méthodes de pédagogie catastrophiques. Ils les mirent en pratique, au début des années 1980, dans les IUFM (Institut Universitaire de Formation des Maîtres),
dont le but était de formater des enseignants avec des méthodes qui ont abouti lentement mais sûrement aux échecs que nous connaissons. La transmission des savoirs était reléguée au second plan
au profit d’une animation qui devait prendre en compte l’enfant et ses aspirations, au mépris de l’éducation, au sens noble du mot.
Les socialistes décrétaient en même temps que 80% des élèves d’une classe d’âge devaient réussir le bac et pour obtenir le résultat escompté, tout fut mis en œuvre
et le niveau fut abaissé.
Au nom de l’égalité des chances ou plutôt d’un égalitarisme imbécile, la gauche et ses suppôts, très nombreux à l’Université, créèrent une situation désastreuse,
aboutissant certes à une explosion démographique des étudiants, mais surtout à une arrivée de candidats mal préparés pour des études supérieures, subissant échec après échec et quittant
finalement le système sans aucun diplôme. Complices, les enseignants furent lentement transformés en gardiens de parking ; le chômage se développant, les étudiants régulièrement inscrits à
l’Université n’entraient pas dans ses statistiques !
Un beau gâchis organisé au plus haut niveau puisque les ministres, qui se succédèrent, remirent doucement le couvercle sur la marmite après que monsieur Devaquet,
bien décidé à réformer le système, ait dû partir sous la vindicte populaire ! Ensuite la gauche comme la droite fermèrent les yeux et parmi les plus lâches, citons monsieur Bayrou, qui,
alors réputé à droite, pactisa avec les syndicats de gauche pour avoir la paix, contrairement à Claude Allègre, pourtant de gauche, qui avait bien identifié les maux, et tenta l’impossible !
En vain !
Coupés de la vraie vie, poursuivant leurs utopies ou idéologies, les enseignants trouvaient finalement leur compte dans cette situation. Et malheur à ceux qui
osaient ne pas marcher dans la combine. Je sais de quoi je parle !
Aujourd’hui, enfin, les choses semblaient bouger. Voilà les Universités enfin remises au centre du dispositif de recherche et d’enseignement avec en perspective une
réelle adaptation au monde actuel.
Mais voilà les enseignants dans la rue où ils entraînent bêtement les étudiants dont les interviews traduisent une vraie méconnaissance des problèmes. Le seul
projet des enseignants est de rester frileusement calés sur un statuquo qui ne fonctionne plus, mais leur assure un petit train-train confortable. Ils refusent l’autonomie, la seule voie pour une
vraie modernisation de l’Université, et un vrai virage pour que les étudiants aient un avenir.
Les enseignants font de la désinformation contre l’évaluation nécessaire dans tous les systèmes sociaux. Ils crient au loup en agitant les vilains Présidents
d’Université qui auraient tous les pouvoirs sur les carrières. Cela ne les dérangeait guère quand c’était les syndicats de gauche qui effectuaient les recrutements avec des méthodes peu dignes
dont beaucoup se souviennent dans les commissions dites de spécialistes, dont les usages étaient souvent bien peu démocratiques, faisant passer à la trappe de bons candidats qui avaient le
malheur de ne pas avoir de carte syndicale.
Bien sûr le nouveau système n’est pas parfait mais Valérie Pécresse a montré son aptitude à la concertation. Que ces
intellectuels fassent preuve d’ouverture !
Et quant à leur exigence de négociations salariales, c’est de l’indécence ; au moment où beaucoup de salariés du privé sont inquiets du lendemain, les nantis que sont les fonctionnaires devraient être raisonnables !
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